Cinéma & Séries, Culture, Livres, Musique

Un livre, un film, une musique #1

Premier billet d’un nouveau rendez-vous. Je vous propose de découvrir mes coups de coeur du mois dans trois catégories différentes : littérature, cinéma/série et musique.

x   L e   l i v r e   d u   m o i s

En reprenant la liste de mes lectures du mois, un titre ressort particulièrement alors qu’il n’est pas forcément dans mes habitudes. Pourtant, Curses and smoke de Victoria Alvear Shecter fut une très bonne découverte. Il n’est pas sans défaut et j’en ai bien conscience. Pourtant, l’auteur a parfaitement su me donner l’impression de faire un voyage dans le temps, en me transportant à Pompéi. Je ne peux pas non plus dénier le fait qu’il s’agisse d’un très bon page-turner. Une fois commencé, il me fut impossible de le mettre de côté. Shecter a su ménager son suspens tout au long.

x   U n   f i l m

Longue hésitation entre le documentaire de Netflix, She’s beautiful when she’s angry, sur le premier mouvement féministe aux Etats-Unis à la fin des années 60 et le film de François Ozon, Frantz. Les deux furent un coup de coeur. Toutefois, à la fin du mois, celui qui me reste le plus en tête et qui m’a le plus marqué reste Frantz avec Pierre Niney. J’ai tendance à fuir le cinéma français mais avec mon master, j’ai des cours autour du cinéma. Aussi, j’essaie dans la mesure du possible de voir les films dont le professeur parle. Celui-ci en fait partie et je pense que j’aurai raté une belle pépite en restant sur mes préjugés.

J’ai aimé le rythme lent du film, les plans plutôt contemplatifs. L’esthétique m’a énormément charmé, notamment les jeux entre les plans en noir et blanc et les rares séquences où Anna s’autorise des instants de bonheur, d’oublier son deuil. L’interprétation de Pierre Niney est absolument parfaite et il est définitivement un acteur à suivre. Une belle découverte aussi pour Paula Beer qui joue le premier rôle féminin et qui est très juste dans son interprétation.

x   U n e   m u s i q u e 

Je dois avouer que la nouvelle chanson de Taylor Swift m’a tout de suite plu. C’est relativement différent de ce à quoi elle nous a habitué mais, d’un autre côté, il y a une certaine logique dans cette évolution aussi. Look at what you make me do reste dans la tête, a un bon rythme. J’en suis déjà accro et je ne me lasse pas de l’écouter en boucle.

Taylor Swift – Look at what you make me do

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Culture, Livres

Quand je décide enfin à me mettre aux comics… Harley Quinn, Complètement marteau (1) d’Amanda Conner, Jimmy Palmiotti & Chad Hardin

L’ancienne psychiatre Harleen Quinzel n’est pas le genre de femme à se satisfaire d’une vie convenable et tranquille. Elle fuit la routine comme la peste et cherche par tous les moyens à faire de sa vie une aventure. Sa toute fraîche installation à Coney Island est donc l’occasion rêvée d’en commencer un nouveau chapitre ! Avec son entrée fracassante dans l’équipe locale de roller derby, l’approche de la Saint-Valentin et la découverte d’un contrat mis sur sa tête, la pétillante Harley Quinn aura beaucoup à faire.

J’ai vu un certain nombre d’adaptations de comics, Marvel et DC Comics confondus, mais, pour être franche, je n’ai jamais lu un comics de ma vie. Celui-ci est donc mon premier et, pour commencer l’aventure, j’ai porté mon choix sur un personnage et un univers que j’apprécie énormément, Batman et ses vilains. J’avais adoré Harley Quinn dans Suicid Squad et j’avais vraiment envie d’en savoir plus sur elle. Ce fut un très bon choix.

Le premier chapitre m’a un peu dérouté au début. Cependant, c’est une introduction qui change de ce que j’ai l’habitude. Différents dessinateurs se succèdent et jouent avec les codes des comics, tout en proposant leurs visions, parfois très personnelles, du personnage. Ce sont tout autant de styles différents et de manière d’aborder le personnage. Ensuite, le tour d’Amanda Conner arrive, choisie par Harley Quinn elle-même. Avant de continuer plus en avant, je ne suis pas encore totalement familière avec ce genre de billets. Je crois que je n’ai jamais présenté de bandes dessinées ou de comics sur mes blogs. Ça risque d’être un peu confus ou pas toujours bien exprimé mais je me lance !

Concernant en premier lieu les dessins, je ne trouve rien à redire ! Ne partez pas en courant ! Je vais essayer d’expliciter ça un peu mieux, tout en sachant que je n’ai pas vraiment d’autres comics de référence. Je ne connais pas non plus énormément les codes mais j’ai apprécié que les dessins soient relativement détaillés, tout en étant très soignés. A aucun moment je n’ai été gênée dans ma découverte des aventures d’Harley Quinn. C’était plutôt agréable visuellement. Cependant, mon gros coup de cœur va pour les dessins qui ouvrent chaque chapitre. Ils sont beaucoup plus soignés et détaillés et ils formeraient presque de véritables petites œuvres d’art.

Et l’intrigue dans tout ça ? Une chose est sûre, ce premier tome est totalement déjanté, à l’image de son héroïne. J’adore la personnalité totalement loufoque et cinglé d’Harley. Il n’y a pas d’apparition du Joker, ce que j’espérais secrètement au vue de la couverture. Au contraire, elle se débrouille seule. Le film m’a un peu aidé à replacer quelques éléments de son passé, tout en apprenant bien plus sur son enfance et sur comment elle est devenue ainsi. Ce premier tome enchaîne très vite les actions et les gaffes mais j’ai eu l’impression d’une trame un peu brouillonne avec deux histoires qui se mélangeaient parfois très mal. En effet, au fil des chapitres, une trame est privilégiée plutôt qu’une autre et cela donne une temporalité un peu bizarre. Toutefois, ça ne m’a pas empêché de le dévorer en une soirée et d’en avoir adoré chacun des moments. Indéniablement, c’est une histoire plaisante, parfois violente mais je n’ai pas boudé mon plaisir d’avoir retrouvé Harley Quinn le temps d’un tome.

Je ne pense pas m’arrêter en si bon chemin, ayant déjà oser franchir le premier pas dans un nouvel univers littéraire. Déjà, je continuerai sans aucou doute la série. J’avais aussi Jessica Jones entre les mains à la librairie et j’étais à deux doigts de craquer aussi. Pourtant, les premiers épisodes de la série ne m’avaient pas convaincu mais la magnifique couverture et les dessins me donnaient presque envie de redonner une chance à Jessica. En tout cas, il risque très certainement, à l’avenir d’avoir quelques comics présents sur le blog.

Life & Style, Voyage

City Guide // Une journée à Nîmes

Je rêvais depuis un petit moment de pouvoir visiter cette petite ville du Sud de la France, notamment pour ses vestiges romains. Cependant, Nîmes ne se résume pas uniquement à cela. J’ai pu découvrir une ville où il était agréable de flâner, de se poser quelques instants pour lire… Je suis rapidement tombée sous le charme et voici quelques idées de visites et de bonnes adresses si vous avez la chance d’y faire un tour pour une journée !

O n   v i s i t e   q u o i ?

Il est tout de même impossible de passer à côté des principaux vestiges romains qui font la renommée de la ville. L’office du tourisme propose un pass pour visiter les Arènes, la Maison carrée (un ancien temple romain encore bien conservé où vous pouvez découvrir l’histoire de Nemausus à travers une courte projection) et la Tour Magne, une tour de guet de la période romaine qui offre une vue imprenable sur la ville. Il coûte 13 euros (11 euros en tarif réduit).

Même si ces différents monuments ne sont pas situés au même endroit, ils relativement proches les uns des autres. Les trajets peuvent être faits à pied et dix minutes suffiront amplement à les relier. Autre argument en faveur de cette proposition ? Le centre-ville de Nîmes est entouré d’une grande avenue où autour se trouvent les principales visites de la ville. Non seulement c’est très ombragé mais il y a aussi des petites boutiques à visiter, des petites places pour prendre un verre ou manger…

Je vous recommande également de faire un petit détour par les jardins de la Fontaine. Ils sont situés au bout d’une magnifique allée bordée d’eau. Le parc en lui-même est également magnifique et c’est ici où se trouve la Tour Magne. J’ai été étonnée de voir à quel point l’endroit pouvait avoir de zones d’ombres et c’est un très bel endroit pour organiser un pique-nique. Lorsque j’y étais, beaucoup de personnes avaient opté pour cette option et je les comprends. Point positif, il y a aussi pas mal de bancs pour s’asseoir.

Vous avez aussi la possibilité d’y visiter les ruines du Temple de Diana. C’est un de mes gros coups de coeur. Elles valent vraiment le détour et, petit plus, elles sont totalement gratuites. Un véritable moment hors du temps. J’ai vraiment eu l’impression d’être coupée du temps et du monde pendant quelques minutes. Un des plus beaux détours de Nîmes. Il y a également le castellum aquae romain dans les rues adjacentes. Ce n’est pas une visite que je considère comme obligatoire mais pour les amateurs d’histoire et de vieilles pierres, pourquoi pas !

La ville a quelques musées dont les classiques musées des beaux arts ou d’art contemporain. Ils vont bientôt ouvrir un musée de la romanité qui sera l’un des plus grands d’Europe mais il faut encore prendre son mal en patience car il n’ouvrira pas avant juin 2018. Le musée de la culture taurine est intéressant mais il m’a quelque peu mis mal à l’aise. Je condamne la corrida et de voir des têtes de taureau empaillées et mis à mort lors de ce genre d’événements, c’était un peu trop pour moi. J’ai préféré voir les costumes pour leur valeur esthétique. Ils avaient aussi une exposition sur Christian Lacroix et les costumes qu’il avait dessiné pour une représentation de Carmen dans les arènes de Nîmes. C’est à peu près la seule raison pour laquelle je me suis aventurée là-bas. Elle devrait malheureusement bientôt fermer ses portes.

D e s   b o n n e s   a d r e s s e s ?

Une seule ! Ayant quelques allergies alimentaires, notamment une intolérance au lactose, je fais relativement attention à ce que je mange. De plus, j’essaie dans la mesure du possible d’avoir une alimentation saine. J’ai trouvé l’adresse dans le centre-ville de Nîmes. Farmers a pour ligne de conduite des produits frais du marché, cuisinés sur le moment et les suggestions changent souvent. C’est bon, sain et totalement vegan/végétarien. J’ai opté pour la soupe du jour froide avec ses croûtons maison et c’était un délice. Pour finir, je ne peux jamais résister à un crumble et leur crumble maison pomme/banane était à tomber. C’était royalement servi, je suis ressortie en étant bien calée sans pour autant être lourde. Il y a aussi des possibilités sans gluten. Pour les prix, comptez entre 15 à 25 euros par personne. Un gros plus pour la décoration et la vaisselle.

Farmers

27 rue de la Madeleine 

 

Culture, Livres

your body is a museum of natural disasters can you grasp how stunning that is… Milk & Honey de Rupi Kaur

Qui aurait cru que j’allais apprécier un recueil de poèmes ? Je suis la première à en être étonnée car je ne lis jamais ce genre de livres et je ne garde pas toujours de souvenirs très tendres de la poésie classique et encore moins de la poésie contemporaine. Cependant, de le voir partout, sur la blogosphère littéraire anglophone ou dans les librairies dublinoises que je fréquente, il était impossible de ne pas passer à côté. Ce livre fait parler de lui depuis quelques mois mais il a été publié en 2014 et j’étais curieuse de savoir pourquoi il faisait tant de bruit.

Les critiques sur Goodreads étaient aussi très divisées et elles semblaient à double tranchant : soit le lecteur adore totalement soit il déteste. Beaucoup critiquaient le style des poèmes, la redondance de certains thèmes. J’avais un peu peur en commençant ce recueil, sachant que je n’aime pas la poésie, que j’ai totalement perdu l’habitude d’en lire, de lire entre les lignes. Pourtant, je me place clairement dans la deuxième catégorie, de ceux qui ont adoré ce recueil sans réserve.

La première chose dont j’ai envie de parler est de la manière dont Rupi Kaur a écrit ses poèmes et qui a fait l’objet de nombreux débats. Il est indéniablement particulier. Elle fait une poésie qui est très orale. Il n’y a pas les mêmes rythmes que dans des choses plus classiques. La ponctuation, comme les majuscules sont quasiment absents. J’ai pu ainsi donner le rythme que je voulais mais le plus incroyable, ce fut la force de son style. Il n’y a pas de majuscules qui peuvent donner l’intonation et, parfois, certains textes m’apparaissaient comme des murmures, d’autres ressemblaient à des hurlements. Certains pouvaient être les deux à la fois. D’autres peuvent paraître redondants car ils explorent un même sentiment et ils varient seulement de quelques mots mais ils ont tout autant d’impact.

Rupi Kaur aborde différents sujets dans son recueil : son viol, ses différentes relations amoureuses, ses blessures, sa position de femme et le féminisme… Je me suis reconnue dans beaucoup d’entre eux, pas la totalité non plus car nous n’avons pas toujours les mêmes expériences de vie. Cela ne veut pas dire pour autant qu’ils ne m’aient pas touché ou bouleversé, bien au contraire. Elle réussit à nous faire vivre ses expériences à travers ses mots, ses sentiments les plus profonds. Par ailleurs, certains ont une résonance particulière car ils sonnent familiers malgré tout. Je me suis reconnue dans certaines de ses douleurs, de ses questionnements, de ma position en tant que femme et de ma relation avec d’autres femmes. Elle m’a aussi fait réfléchir sur la question du féminisme et j’avoue que je n’y étais pas forcément préparée. C’est véritablement la première fois qu’un recueil de poèmes me bouleverse intérieurement à ce point. Je n’avais jamais compris ce que certaines pouvaient expérimenter à la lecture de poésie et je le comprends enfin. Il fallait juste trouver le bon recueil. Il semble que je l’ai trouvé.

En effet, il m’a introduit dans une autre forme d’expression que je ne pensais pas pouvoir me toucher profondément et pourtant… Milk & Honey fut le coup de cœur que je n’attendais pas, que je n’espérais pas. Je l’ai terminé il y a deux jours et j’ai encore tellement de mal à m’en défaire, à ne pas le feuilleter, relire certains poèmes qui m’ont énormément plu… J’ai tellement envie de le faire lire à mon entourage (j’ai déjà acheté un exemplaire pour l’anniversaire de ma petite sœur car je sentais qu’elle devait le lire), d’en parler encore et encore du texte, de certains poèmes en particulier… C’était à la fois beau, fort, émouvant, révoltant. Je suis passée par un grand nombre d’émotions et je commence déjà à chérir mon exemplaire et je crois qu’il deviendra bientôt plein de petites notes. Pour aller plus loin, avec ce recueil, j’ai aussi envie de continuer sur cette lancée et de découvrir beaucoup plus de ce genre littéraire, pas forcément la poésie classique mais bien plus la poésie contemporaine.

Culture, Livres

Découvrir deux classiques de la littérature féministe française avec Simone de Beauvoir et Olympe de Gouges

L e   d e u x i è m e   s e x e   I   d e   S i m o n e   d e   B e a u v o i r 

D é c l a r a t i o n   d e s   d r o i t s   d e   l a   f e m m e   e t   d e   l a   c i t o y e n n e   d ‘ O l y m p e   d e   G o u g e s

Pour une année placée sous le signe de l’exploration du féminisme, je ne pouvais pas passer à côté de la lecture de deux classiques du genre et qui ont marqué de nombreuses générations. Je ne les avais jamais lu dans la mesure où ils ne m’intéressaient pas forcément mais les choses changent. Je commencerai par Simone de Beauvoir avant de parler d’Olympe de Gouges.

Le premier tome du Deuxième sexe est divisé en trois parties. La première comprend des considérations biologiques entre le mâle et la femelle de manière très large puisqu’elle s’intéresse aussi aux animaux. Ensuite, elle aborde la place de la femme dans la société au fil de l’Histoire pour en venir aux mythes. En commençant cet ouvrage, ce n’est pas tant le contenu qui me faisait peur mais la manière dont il pouvait être rédigé. Les essais philosophies ne sont pas toujours ma tasse de thé. Mes cours en la matière remontent à trop loin pour que j’arrive à tout déchiffrer. Toutefois, ce problème ne s’est pas posée car les propos de Simone de Beauvoir sont certes audacieux et toujours d’actualité mais ils sont surtout à la portée de tous et de toutes.

Pour ma part, la partie qui m’a le plus parlé est la deuxième, intitulée Histoire où Simone de Beauvoir se propose de retrouver l’histoire de la femme. Je suis aussi bien plus passionnée d’histoire que de biologie et, par conséquent, la première partie m’a un peu ennuyée car elle ne m’intéressait pas plus que ça pour être franche. Globalement, j’ai trouvé que le tableau dépeint par l’auteur était plutôt pessimiste.

« L’action des femmes n’a jamais été qu’une agitation symbolique ; elles n’ont gagné que ce que les hommes ont bien voulu leur concéder ; elles n’ont rien : elles ont reçu. »

Simone de Beauvoir écrivait en 1949. La femme française n’avait le droit de voter que depuis quelques années et il n’y a pas eu de véritables mouvements féministes, plutôt quelques voix qui se sont élevées. Il y a également eu quelques écrits, notamment durant l’époque des Lumières ou dans l’après Révolution française. Je pense en premier lieu à Olympe de Gouges dont je parlerai un peu plus tard dans cet article. C’est encore quelque chose de timide. Nous ne sommes pas encore dans dans les grands mouvements des années 60-70.

Pour en revenir à la citation mise un peu plus haut, Simone de Beauvoir propose des explications à cet état de fait. Certaines sont plus convaincantes que d’autres, d’autres portent à réflexion ou à discussion. En effet, à son avis, si elle qualifie les mouvements féministes d’agitations, c’est parce que les femmes n’ont pas réussi à se créer une identité propre, avec une histoire ou une religion commune, par exemple, des intérêts communs. Elle donne l’exemple du prolétariat tel qu’il est défini par Karl Marx pour dessiner la comparaison. Je n’ai pas toujours été d’accord avec elle. Souvent parce que depuis certaines choses ont évolué. Cependant, à la lecture de ce texte, j’ai pu également remarqué que d’autres n’ont pas changé depuis 1949. C’est assez étonnant (et terrifiant) quand elle parle, par exemple, du monde du travail où les inégalités entre les hommes et les femmes sont très présentes, même encore en 2017.

Ce premier tome est un ouvrage enrichissant sur la condition de la femme, la vision que l’homme peut avoir d’elle. Indéniablement, il est très bien écrit et documenté. Je ne saurai dire s’il m’a marqué ou non mais, sans aucun doute, il m’a donné à réfléchir sur ma place en tant que femme, sur les choses que j’ai envie de faire pour l’améliorer et pas seulement pour moi. Pour citer une dernière fois Simone de Beauvoir,

 » En quoi le fait d’être femme aura-t-il affecté notre vie ? Quelles chances exactement nous ont été données et lesquelles refusées ? Quels sorts peuvent attendre nos soeurs plus jeunes, et dans quel sens faut-il les orienter ?« 

Olympe de Gouges est une autre figure importante du féminisme français et il y avait un moment que j’avais envie de découvrir ses écrits et notamment sa Déclaration des droits de la Femme et de la Citoyenne. Elle a eu une vie très intéressante. Née dans un milieu bourgeois, elle n’a reçu qu’une éducation limitée. Elle s’est éduquée en même temps que son fils à la mort de son mari. Elle a beaucoup écrit sur la condition des femmes en demandant la construction d’un hôpital entièrement dédié aux femmes. Elle a tout de même fini sur l’échafaud et, avec ses quelques éléments biographiques, je suis immensément curieuse d’en savoir plus sur elle à travers des biographies.

En effet, sa vie est peut-être plus intéressante et enrichissante que la Déclaration. Cette dernière est quasiment une copie conforme de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme, à quelques exceptions près. J’ai personnellement plus vu ce texte comme un rappel aux hommes que la femme a aussi sa place dans la société, qu’elle en est tout autant actrice, qu’elle a également son mot à dire. Certaines formules peuvent montrer son engagement pour la condition des femmes en proposant des idées nouvelles mais il ne ne le fut pas assez à mon goût. Je m’attendais à un texte qui tapait un peu plus du poing sur la tableau. Cependant, cela ne veut pas dire que je n’ai pas apprécié ce pamphlet pour autant. Au contraire, il est enrichissant de pouvoir comparer les deux textes, de voir les ajouts autant que les retraits et les changements. Je le vois comme une bonne introduction à la vie et à l’oeuvre d’Olympe de Gouges.

Blogueuse & Etudiante, Life & Style

Blogueuse et étudiante >> L’obsession de la Pile à lire

Impossible de surfer sur la blogosphère littéraire sans tomber sur des articles parlant de la PAL, ou Pile à lire pour les non initiés, de la personne qui tient le blog. Ils sont plutôt variés : Dans ma PAL qui présente un ouvrage de cette dernière, les PAL du mois (ou de saison), les In my mailbox qui en montre l’augmentation… Il y a une véritable obsession qui se développe autour de ces livres que nous achetons et qui attendent d’être lus. Je dois avouer que, comme bon nombre de blogueurs littéraires, elle est toujours dans un coin de ma tête et je faisais aussi souvent des articles en relation avec cette dernière, notamment les In my mailbox. Je me suis essayée cet été à une PAL d’été mais sans grand succès !

Elle peut être une source de plaisir : voir tous les livres qui restent à lire, la promesse de bons moments à passer, la diversité également des lectures qui s’offrent et le choix, le fait de ne jamais être à court de lectures… Les arguments ne manquent pas. Certains se fixent des règles, d’autres non. Pour d’autres, la voir ne constitue plus un plaisir mais une angoisse, un stress de voir autant de livres, de ne pas avoir l’impression qu’elle baisse, de savoir que certains livres s’y trouvent depuis des années… Il peut y avoir une idée de nécessité, d’obligation. J’avoue me situer dans cette dernière catégorie.

Comment cette pile s’est-elle composée ? A travers le temps. J’ai connu l’univers des blogs via la blogosphère littéraire. Les tentations étaient nombreuses, comme la volonté de tout lire pour proposer toujours du contenu à mes lecteurs et notamment des lectures récentes. A force, j’ai accumulé beaucoup trop de bouquins et acheter était (et est toujours) un énorme plaisir. J’adorai voir augmenter cette petite pile et, à l’époque, je lisais énormément. Mon rythme a bien diminué depuis. Cependant, depuis quelques temps, je ne la vois plus du tout comme un plaisir.

Pourquoi est-elle devenue une angoisse ? Pourtant, je n’ai pas une pile excessive de livres à lire. Elle est en dessous d’une cinquantaine de livres à lire mais c’est déjà beaucoup trop pour moi. Je me sens obligée d’y piocher à chaque fois que je dois choisir ma prochaine lecture. J’ai tendance à culpabiliser dès que j’achète un nouveau livre et ce sentiment m’accompagne même quand j’emprunte. Elle est presque toujours dans mes pensées et la voir ne me procure plus aucun plaisir. Il y a un côté forcé pour certains livres et, plus encore, parfois, plus aucun d’entre eux ne me fait envie.

C’est une des raisons qui me poussent à essayer de la vider un maximum, afin de repartir sur de bonnes bases par la suite. J’aimerai la voir contenir cinq livres tout au plus pour pouvoir la renouveler un peu plus souvent et sans me sentir coupable. J’ai aussi beaucoup changé ma manière de consommer depuis mes premiers blogs littéraires. Même si mon budget a beaucoup augmenté, celui consacré à l’achat de livres a drastiquement diminué. Avant, il était compris entre 50 et 100 euros par mois. Actuellement, il tourne plus autour de 20 à 50 euros tous les trois mois environ. Vider ma PAL revient aussi à ma volonté de ne plus accumuler inutilement d’objets et les stocker en vue d’une utilisation prochaine.

C’est un article qui me tenait à coeur d’écrire, notamment depuis que j’ai vu la vidéo de Margaud Liseuse sur la PAL, angoisse ou plaisir [vidéo]. Nos avis divergent et j’avais envie d’y réagir, de donner mon avis sur la question. N’hésitez pas à en faire de même en commentaire !

Beauté, Culture, Life & Style, Livres

La manière dont la beauté est utilisée contre les femmes… The Beauty Myth de Naomi Wolf

The bestselling classic that redefined our view of the relationship between beauty and female identity. In today’s world, women have more power, legal recognition, and professional success than ever before. Alongside the evident progress of the women’s movement, however, writer and journalist Naomi Wolf is troubled by a different kind of social control, which, she argues, may prove just as restrictive as the traditional image of homemaker and wife. It’s the beauty myth, an obsession with physical perfection that traps the modern woman in an endless spiral of hope, self-consciousness, and self-hatred as she tries to fulfill society’s impossible definition of « the flawless beauty. »

Pour ma première participation au club de lecture d’Emma Watson, j’avais pu découvrir l’incroyable livre de Margaret Atwood, The Handmaid’s Tale. Je lui ai fait confiance une deuxième fois avec un essai tourné vers la beauté, le culte de la beauté féminine mais également les pressions que nous pouvons subir quotidiennement pour nous rapprocher de cet idéal. En bref, comment la beauté est utilisée contre les femmes après les premières vagues du féminisme. The Beauty Myth est un ouvrage relativement court et, pourtant, il pousse à la réflexion.

Depuis quelques semaines, je m’intéresse beaucoup à cette notion de beauté, comment elle a été construite, modifiée par les sociétés dans le temps, l’impact sur notre quotidien pour me rendre compte à quel point nous sommes finalement formatés. Cette nouvelle exploration a commencé avec le livre d’Emer O’Toole, Girls will be girlsoù l’auteur parlait de son expérience. Elle tentait et parfois réussissait à remettre en question certains aspects de la beauté conventionnelle. Son combat à elle, ce sont notamment les poils. Naomi Wolf aborde différentes thématiques comme la sexualité, le monde du travail, la culture du viol, les héroïnes dans les livres, les magazines féminins…

L’auteur commence par un constat un peu glaçant, « More women have more money and power and scope and legal recognition than we have ever had before ; but in term of how we feel about ourselves physically, we may actually be worse off than our unliberated grandmothers« . Elle montre aussi que l’extrême maigreur n’a jamais été aussi présente dans nos sociétés qu’actuellement. Elle donne parfois des arguments convaincants comme quand elle évoque les mouvements féministes qui n’ont pas toujours eu des conséquences positives sur les femmes. De temps à autres, j’ai été beaucoup moins convaincue, trouvant qu’elle allait trop loin ou qu’elle maîtrisait pas aussi bien cette partie que d’autres.

Toutefois, dans The Beauty Myth, je me suis souvent retrouvée dans certains passages, dès lors qu’elle abordait les conséquences du mythe de la beauté. Et plus particulièrement dans un moment précis où elle a écrit deux petites phrases toutes simples mais qui correspondaient parfaitement à ce que je pouvais penser sans avoir jamais oser l’avouer. Elle mettait le doigt sur une idée dont j’essaie désespérément de me défaire car elle peut et m’a conduite à la catastrophe. Malheureusement, elle reste toujours dans la tête et il faut dire que nous sommes conditionnés pour !

Naomi Wolf dit en effet « A girl learns that stories happen to ‘beautiful’ women, whethere they are interesting or not. And, interesting or not, stories do not happpen to women who are not beautiful« . Cette idée circule encore aujourd’hui avec d’autant plus de force que nous connaissons la prolifération des réseaux sociaux et Instagram pourrait être considéré comme la bannière de ce culte de la beauté. Nous pouvons retrouver des femmes parfaites, toujours bien coiffées et maquillées (même après une séance de sport). Elles peuvent créer une certaine insécurité chez d’autres et il est dur de se détacher de ces femmes, blogueuses, influenceuses, actrices, mannequins, que nous prenons pour modèle.

C’est une idée que j’appliquais aussi à ma vie privée, notamment quand j’étais en droit, me disant que si je ne réussissais pas, c’était parce que je n’étais pas assez « jolie » pour pouvoir passer en année supérieure. C’était une des raisons et elle m’a poussé à quelques extrêmes. J’étais persuadée que si j’étais plus fine alors tout me réussirait. Et me voilà embarquer dans des troubles du comportement alimentaire alors que j’étais déjà fragile de ce point de vue. The Beauty Myth m’a permis de prendre conscience de certaines choses. Je n’étais pas la seule à réagir et à penser ainsi.

Je ne m’attendais pas à ce que ce petit ouvrage trouve autant d’échos dans ma manière de penser, de me comporter face à la beauté… Je ne dirai pas qu’il fut un choc mais il m’a tout de même un peu secoué. J’aurai presque envie de remercier Emma Watson pour cette nouvelle recommandation qui devrait être mise entre toutes les mains.